RAKI

La Compagnie Libre d’Esprit présente la tétralogie RAKI :

Raki est une tétralogie constituée de pièces de l’auteur franco-kosovar Nino Noskin. Les quatre pièces décrivent la guerre et ses effets en quatre volets : les prémices, avec la montée de la peur , de la haine et de la paranoïa (Mon ami paranoïaque); la guerre ouverte, avec ses viols, ses morts et ses victimes, mortes ou mort-vivantes (En attendant la mort) ; la guerre tacite qui œuvre dans nos quotidiens dissimulée sous le voile de traditions sclérosantes (Mettez les voiles !) et l’après-guerre, avec la manipulation de la mémoire historique et le travail de « l’oubli », qui ne fait qu’enfouir avec peine un mal toujours-présent (Mes démons).

Les quatre volets de cette tétralogie dépeignent, chacun à leur façon, un trauma. Plutôt que de représenter la violence sur scène, elles évoquent l’horreur vécue de l’intérieur : violence psychique, mais aussi violence d’un théâtre qui se joue à huis clos, dans un pays qui se croit à l’abri de la guerre. À l’issue des représentations, la réalité extérieure paraît irréelle et incompréhensible, et l’angoisse des personnages a gagné la salle – un processus anti-cathartique a eu lieu, pour démentir l’espoir d’un retour à la normalité.

Vingt ans après les accords de Dayton, signés à Paris, le trauma refait surface, comme les charniers que l’on « découvre ».

L’écriture de Noskin

La plume de Nino Noskin est pleine d’un humour acide. Il y a quelque chose de maladif, une torture enfouie et pas bien digérée qu’il recrache avec des mots qu’il vous balance à la page, comme une gifle qui laisse une marque rougie un bon moment.

Ses personnages parlent peu, mais chaque mot est plein, essentiel, explosif même, à l’image de sa vie où le danger est partout, jusqu’à la dernière virgule. Nino Noskin, avec ses pièces, nous parle de l’Homme, de sa pulsion de vie, qui peut engendrer la peur, la violence et les excès et ainsi rejoindre une pulsion destructrice, une pulsion de mort. Nous comprenons, une fois la machine lancée, que les personnages vont mourir, mais seulement après avoir vécu la vie avec un jusqu’au-boutisme terrifiant…

Direction artistique : Nikson Pitaqaj