Archives pour la catégorie Coulisses

Mise en place de Mettez les voiles!à l’Épée de Bois

On investit le théâtre, prêts à l’attaque !

Plus d’infos : cliquez ici.

Bougival : avis de spectateurs sur Mettez les voiles !

Le public n’est pas resté insensible…

Un adolescent :

C’est drôle, c’est bizarre. J’ai pas tout compris !

Une institutrice à la retraite :

J’ai passé un très bon moment. Moi comme femme, ça ne m’a pas choqué, mais je pense que les hommes ne doivent pas réagir de la même façon…

Un danseur professionnel, en riant :

Ça m’a excité !

Un couple de Bougivalais :

C’est super de monter des pièces comme ça aujourd’hui, on en a besoin. Il faut que les gens voient ça.

Deux spectateurs qui ont vu toutes les créations de la compagnie depuis les cinq dernières années :

C’est différent, c’est étonnant… et c’est beau. Pourtant, le sujet a de quoi donner des frissons.

Résidence et création de Mettez les voiles! à Bougival

Fin d’une semaine de résidence au Théâtre de Grenier, suivie des deux premières représentations, les 5 et 6 mai!

« Dieu Saupeha Atant a dit : les femmes ont l’autorité sur les hommes ; les hommes vertueux sont obéissants à leur femme ! Voilà, l’homme vertueux est celui qui obéit à sa femme ! Ce n’est pas ma parole mais celle de Dieu Saupeha Atant ! L’homme ne sort de chez lui qu’avec la permission de sa femme. Sa place, à la base, Dieu l’a fixée auprès de sa femme, au domicile. Le soir, elle a un besoin, une envie… il lui dit non ! Il ment en lui disant : je suis fatigué, je ne peux pas, je suis ceci, je suis cela, je suis ceci et cela… « 

Une lettre à Olga

Samedi 29 août 1981

Chère Olga,

J’arrive aujourd’hui à la moitié de ma peine, j’ai donc écrit une demande de libération conditionnelle ainsi qu’une lettre pour mon avocat dans laquelle je lui demande, par exemple, de me rendre visite un de ces jours.
Quand j’étais encore à Herjmanicé, il m’est arrivé quelque chose de très important pour moi intérieurement : ce jour-là je travaillais l’après-midi, il faisait un temps d’été superbe, j’étais assis sur un tas de fer, je me reposais, je regardais la couronne d’un arbre à une certaine distance de l’autre côté de la barrière. Le ciel était d’un bleu azur, il n’y avait pas un nuage, il faisait chaud et immobile ; les feuilles de l’arbre s’agitèrent et tremblèrent légèrement. Et, lentement mais sûrement, j’entrai dans un état d’esprit très étrange et merveilleux : j’imaginai que j’étais couché dans l’herbe sous un arbre sans rien faire, sans attentes ni inquiétudes, me laissant simplement envoûter par une chaude journée d’été. Soudain il me parut que tous les beaux jours d’été que j’avais vécus et que j’aurais l’occasion de vivre encore étaient rassemblés dans celui-là : j’avais des souvenirs directs et physiques de l’été que j’avais passé à Zdarec quand j’étais petit ; je sentais le foin, l’étang et je ne sais pas quoi d’autre encore. Il me semblait, à ce moment, que je vivais le bonheur suprême, la joie infinie, et tout en me sentant physiquement envoûté, je sentais que c’était plus que cela : c’était un moment de conscience suprême, un état suprême d’élévation de l’âme, un fondu absolu et absolument harmonieux de l’existence avec elle-même et avec le monde entier.

Jusqu’ici, rien de particulièrement extraordinaire. L’important est en fait que cette expérience, si radicalement différente de ma réalité de prison, me faisait comprendre clairement ce dont je n’avais eu que vaguement l’intuition auparavant, à savoir que cet état de bonheur suprême contient le germe d’une anxiété paralysante, le lointain écho d’un désir infini, l’étrange reflet d’un profond sentiment de futilité. On est exalté, on a tout ce qu’on peut désirer, on n’a plus besoin ni envie de rien – et en même temps, simultanément, il semble que le bonheur que l’on ressent n’est qu’un mirage tragique, sans but et sans direction. En somme, plus le moment est merveilleux, plus la question menaçante se pose clairement : et maintenant ? Quoi de plus ? Quoi d’autre ? Et puis quoi ? Que faire de tout cela et qu’en adviendra-t-il ? L’individu a soudain, un bref aperçu du vertige de l’infini, de l’incertain, du mystère. Tout simplement, il n’a plus d’endroit où aller – si ce n’est dans le néant.

Voilà bien la dialectique familière entre la vie et la mort. Plus on vit sa vie intensément et complètement, et plus puissamment, du tréfonds de l’expérience, surgit l’opposé de la vie, la mort et le néant. Je crois que chacun fait cette expérience à un moment où à un autre : dans un moment de bonheur sans mélange, on s’aperçoit soudain qu’il n’y a plus rien d’autre à espérer que la mort (c’est un sentiment qui est d’ailleurs entré dans le langage courant puisqu’on dit : « Je t’aime jusqu’à la mort », « voir Naples et puis mourir », etc…).

Et si courageusement nous affrontions la question qui se présente alors. En l’occurrence, la question juste, profonde et existentiellement métaphysique du sens de la vie ?

Je me réjouis de te voir, et t’embrasse. Vasek